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Les petits organismes d’aide alimentaire ont faim de financement

Le Brunch de Noël de la Fondation Saint-Roch au secours des affamés

Thaïs Martel par Thaïs Martel
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Article mis en ligne le 22 novembre 2009 à 16:54
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Les petits organismes d’aide alimentaire ont faim de financement
Ludovick s’est régalé au Brunch de Noël en plus de donner de son temps pour le succès de l’événement. (Photos Thaïs Martel)
Les petits organismes d’aide alimentaire ont faim de financement
Le Brunch de Noël de la Fondation Saint-Roch au secours des affamés
Même si l’année 2009, s’avère difficile pour créer un pôle de solidarité autour de la collecte de fonds, quelque 400 personnes ont pris part ce matin à la 12e édition du Brunch de Noël de la Fondation Saint-Roch au profit des organismes d'aide alimentaire des quartiers centraux. Au menu, repas traditionnel des pays nordiques, encan silencieux, spectacle de l’École de cirque et chants allemands.
L’événement, qui amasse des fonds afin d’aider différents petits organismes à mieux financer l'aide alimentaire qu'ils apportent aux familles appauvries de leur voisinage, a ainsi amassé plus de 22 000 $. Toutefois, même si ce montant corresponds aux objectifs de la fondation Saint-Roch et même s’il se compare aux sommes amassées durant les précédentes éditions du Brunch de Noël, les efforts consentis pour en arriver là ont été, quant à eux, beaucoup plus importants.

«Les billets pour le brunch ont été plus difficiles à vendre cette année. On a dû travailler beaucoup plus pour mettre sur pied l’événement par rapport à d’autres années», indique Magali Lavigne, directrice générale de la Fondation Saint-Roch.

Il faut dire qu’en ces temps plus difficiles, les gros joueurs comme Centraide ou Moisson Québec recueillent la majorité des dons, ce qui en fait moins pour les plus petites organisations. «Nous disons bravo à ces organismes qui font un travail fabuleux, mais il faut bien avouer que les structures plus modestes doivent redoubler d’efforts et d’ingéniosité pour se faire entendre. Comment rivaliser avec la visibilité que peuvent offrir ces mégastructures? Pour beaucoup, avoir fait des dons à ces groupes est synonyme d’avoir fait sa part», ajoute Mme Lavigne.
Hausse de la pauvreté
Et comme si le problème du financement ne suffisait pas, il y a aussi celui de l’augmentation du nombre de demandes d’aide alimentaire. Les organismes d’aide constatent ainsi une hausse de la demande de 5% à 7% selon les secteurs. «On pense souvent que ce sont seulement des gens sur l’aide sociale qui ont besoin d’aide alimentaire, mais ce n’est pas vrai du tout. Les couples, les familles, les monoparentaux, les personnes âgées, les étudiants, les personnes travaillant au salaire minimum sont autant de clientèles affligées par la misère et que l’on voit de plus en plus souvent», assure la directrice générale de la Fondation Saint-Roch.
Gérard Plante abonde dans le même sens. Le président de la conférence Notre-Dame de l’Assomption de la Saint-Vincent de Paul a vu la pauvreté augmenter considérablement depuis ses débuts avec l’organisme il y a 17 ans. «Les gouvernements nous disent tout le temps que la pauvreté et la faim diminuent, mais ce n’est pas vrai. Il y a 17 ans, 45 personnes en moyenne avaient besoin de notre aide chaque mois. Maintenant, c’est plutôt 150 et entre-temps nous avons perdu l’aide des communautés religieuses dans ce domaine.»

Si M. Plante pouvait compter sur une subvention de la ville pour aider les plus démunis à l’époque du maire Jean-Paul L’Allier, l’organisme n’en bénéficie plus depuis l’époque de la mairesse Boucher. Le président de la conférence Notre-Dame de l’Assomption de la Saint-Vincent de Paul était donc plutôt déçu de ne pas voir le maire de Québec, Régis Labeaume, au brunch de Noël, lui qui espère le rencontrer pour le convaincre de l’aider dans son travail auprès des plus démunis.
Espoir
Même si l’argent manque, la volonté elle ne fait pas défaut et le jeune Ludovick le prouve bien. Lui-même utilisateur occasionnel des services offerts dans les organismes d'aide alimentaire, il a bien peu à donner financièrement. Pourtant, il a du temps et le désir d’aider les autres. «Je suis ici pour rendre service, indique le jeune homme aux allures punks qui s’occupe de la diffusion d’images sur grand écran pendant le repas. C’est super important. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’avoir un bon emploi. Je trouve que c’est une belle valeur, ça me fait plaisir de donner mon temps pour aider les autres».

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