Danny Bell en pleine action contre le champion mondial de balle au mur en simple, Paul Brady.
Danny Bell sur le Pro Tour de balle au mur depuis 26 ans
L'adepte de balle au mur Danny Bell de Québec roule sa bosse sur le circuit professionnel américain depuis maintenant 26 ans. À l'âge de 48 ans, le coordonnateur du programme sports-études de l'école secondaire Cardinal-Roy est le seul quadragénaire encore actif sur le circuit, lui qui a l'objectif de jouer jusqu'à l'âge de 50 ans.
«J'arrive tout de même à tenir mon bout même si les jeunes joueurs dans la vingtaine me donnent du fil à retordre, dit, sourire en coin, Danny Bell. C'est en 1984 que j'ai débuté ma carrière chez les pros lors d'une étape du circuit qui a eu lieu à Québec. J'avais eu à me qualifier tout comme je l'ai fait les deux années suivantes. Par la suite, j'ai été un membre régulier du Pro Tour. Je suis actuellement classé au 20e rang en simple et au premier rang en double dans la catégorie des 45 ans et plus.»
C'est à l'âge de 12 ans qu'il découvre la balle au mur au centre sportif du Cégep de Sainte-Foy.
«Mon père travaillait au centre sportif et nous étions inscrits, mon frère Michel et moi, à des cours de natation. Nous passions le temps en allant jouer à la balle au mur. Donald Côté m'a ensuite pris sous son aile. Il avait développé un programme junior et dès ma première année, je participais au championnat canadien chez les 12 ans et moins. J'ai alors perdu en demi-finale. À partir de ce moment, j'ai eu la piqure. Au cours de ma carrière, j'ai remporté 13 championnats canadiens seniors en 21 ans. Les huit années où je n'ai pas eu le titre, c'est que je n'y participais pas», précise l'éducateur physique de formation.
La balle au mur est un sport spectaculaire où chaque joueur doit démontrer des habiletés pour frapper la balle tant de la main gauche que de la main droite. Les joueurs frappent la balle avec une main en cuillère, ce qui permet bien souvent de donner de l'effet à la balle.
«Cela m'a pris entre cinq à six ans avant d'être performant avec mes deux mains. Aujourd'hui, je pourrais lancer une balle de baseball aussi facilement du bras droit que du gauche. Deux difficultés bloquent les éventuels joueurs de balle au mur. La première est qu'il est bien plus facile de jouer avec une raquette que de se servir de ses mains pour frapper la balle. La seconde est qu'il est bien souvent douloureux pour les mains de pratiquer ce sport, surtout au début. Plusieurs intéressés se découragent et optent pour une autre discipline», d'avouer le champion mondial en double chez les plus de 45 ans.
Pour exceller à la balle au mur, il faut être dans une forme exemplaire et démontrer bien du caractère.
«De 150 joueurs de balle au mur recensés en 1980, nous ne sommes plus qu'une trentaine d'athlètes actifs en 2009 dans la région de Québec. Ce petit nombre de joueurs fait en sorte que je m'entraîne bien souvent contre deux adversaires en même temps ou contre un athlète qui joue au racquetball. J'ai opté pour la balle au mur, mais du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été un maniaque de sport. J'ai entre autres joué au hockey, au volleyball et à la crosse en plus de faire du ski alpin. Il est donc naturel de me retrouver sur un terrain de sport», avoue Danny Bell.
Retombées positives
La pratique de la balle au mur a rapporté plusieurs dividendes dans la vie de Danny Bell.
«Dans un premier temps, j'ai pu obtenir mon emploi de coordonnateur du programme sports-études de Cardinal-Roy. Il recherchait un enseignant qui connaissait ce qu'était le sport d'élite. Ensuite, j'ai pu voir des pays comme l'Australie, le Japon, l'Irlande et l'Europe. Par la force des choses, je suis devenu parfaitement bilingue en plus de compter des amis partout sur la planète. La balle au mur m'a amené plein de bonnes choses. Je ne peux que me féliciter d'avoir pratiqué ce sport aussi assidument», de poursuivre l'athlète de Sainte-Foy.
S'il y a une chose qui fait la fierté de Danny Bell, c'est d'être le joueur le plus âgé à voir participé à la finale du US Open, un événement comparable au Super Bowl au football américain.
«Ça s'est passé en 2005 à l'âge de 43 ans. Tout a été merveilleusement bien pour moi lors de ce tournoi. J'ai éliminé de la compétition les joueurs semés aux premier et quatrième rangs. Je n'ai pas pu me rendre justice en grande finale, car j'ai nettement manqué de jambes. Mais ce fut un parcours que je n'oublierai jamais», d'ajouter l'éducateur physique.
Finalement, Danny Bell n'excelle pas que sur un terrain de balle au mur. En effet, il est considéré parmi les trois meilleurs officiels du circuit Pro Tour.
«Ce sont les joueurs qui officient les matchs. J'aime bien cette autre facette de mon sport. À ce titre, j'ai eu à officier lors du dernier championnat mondial des matchs importants mettant en vedette les meilleurs joueurs professionnels», de conclure Danny Bell.