Courtiser une amie de longue date à l’âge de 65 ans, c’est sur quoi se penche Herman (Normand Lévesque) à l’aube du départ de Christine pour la Floride. (Photo Isabelle Chabot)
Avoir 60 ans, ça change pas le monde, sauf que…
Un peu, beaucoup, passionnément… s’arrête à la Salle Albert-Rousseau le 22 novembre prochain. La pièce de théâtre aborde sans détour la situation à laquelle font face les conjoints lors du décès de leur tendre moitié.
Sans tabou, la comédie romantique met en scène deux veufs, Christine (Pierrette Robitaille) et Herman (Normand Lévesque) remplis d’espoir à l’aube du grand saut vers une nouvelle direction. La pièce, écrite par Richard Baer et traduite par Michel Tremblay, se déroule à New York, alors que Christine fait ses boîtes dans le but de recommencer une nouvelle vie en Floride, à la suite du décès de son mari. Le déménagement sera perturbé par l’arrivée inopinée d’un viel ami lui aussi veuf. À la veille de ce changement radical, les déménageurs assisteront malgré eux à un speeddating à sens unique de la part d’Herman.
L’homme de 65 ans tentera le tout pour le tout afin de retenir Christine auprès de lui. Peu subtil dans ses tentatives de séduction, il ira même jusqu’à lui demander sa main. Autour de cette intrigue subsistant jusqu’à la fin, le public découvrira un duo comique lié par leur ancienne vie où l’un cherche à s’unir et l’autre, au contraire, aspire à jouir de sa liberté. Fatiguée et lasse, Christine se questionnera sur son désir de recommencer sa vie et son envie d’être en couple une autre fois. «On livre un message d’espoir. Est-ce qu’on doit nécessairement arrêter de vivre à un certain âge ou après le décès de son conjoint», se questionne l’interprète d’Herman, Normand Lévesque.
Avec plus d’une quarantaine de présentations à leur actif, les comédiens ont eu la chance de prendre du recul. Grâce au jeu plus approfondi, ils se détachent parfois du texte permettant ainsi d’être plus attentif à la réaction du public. «C’est plaisant parce qu’on est plus assumé. On respire mieux avec le public, commente M. Lévesque. En fait, la pièce est un miroir de ce que les spectateurs vivent ou de ce qui les attend.» Passant d’un extrême à l’autre, du rire aux moments profonds, les comédiens constatent une écoute extraordinaire de la part des amateurs, touchés personnellement par les sujets abordés. La sexualité à 60 ans et l’éloignement des enfants font notamment partie des pistes de réflexion soumises au public. «La situation vécue par les personnages est tellement près de la réalité, l’auditoire est capté et la complicité entre Pierrette et moi transparaît », confie M. Lévesque. Effectivement, n’étant pas à leur premier projet ensemble, le duo de comédiens compare sa performance à une partie de tennis. L’importance du texte dans la pièce de Richard Baer oblige, il est impératif de faire preuve d’une solidarité authentique.
Les déménageurs, personnifiés par Donald Pilon et Laurent Duceppe-Deschênes et issus de deux générations différentes, provoquent quant à eux des quiproquos assez loufoques, le tout créant un divertissement intéressant pour tous les types d’âge. «Même si les personnages principaux sont des baby-boomers, l’histoire touche tout le monde. Les jeunes couples aussi se sentiront concernés par rapport au deuil et à la perte», explique Normand Lévesque. Le public risque de quitter la salle songeur par rapport à l’existence d’une vie après le départ de l’amoureux.