Des citoyens sensibles à la lutte pour l’élimination de la pauvreté ont participé à l’activité Votons pour une ville sans pauvreté. Une soupe populaire était distribuée aux participants pendant la séance de signature symbolique d’appui aux revendications.
(Photo Isabelle Chabot)
Des signatures et de la soupe pour une bonne cause
Une odeur de bonne soupe chaude pouvait être humée à la place d’Youville ce midi. Un collectif d’organismes d’action communautaire et de lutte contre la pauvreté tenait l’activité Votons pour une ville sans pauvreté.
Mis à part la distribution de bols de soupe et de grignotines, les citoyens étaient invités à signer symboliquement une liste de revendications faites aux futurs élus de la ville de Québec. La Coalisation régionale de la Marche mondiale des femmes, le Collectif de luttes et d’actions contre la pauvreté de la région de Québec et le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches s’étaient unis pour sensibiliser la population au fait que l’élimination de la pauvreté doit être un enjeu sérieux dans les élections municipales. «On souhaite que les citoyens s’investissent dans la cause», explique l’une des porte-parole et membre d’organismes sociaux dans la région, Ariane Gauthier-Tremblay.
En effet, les écarts de richesse à Québec sont toujours aussi présents. Une femme sur cinq vit sous le seuil de la pauvreté et une famille sur sept consacre la moitié de ses gains au loyer. «C’est une situation inacceptable et on voulait donner la parole aux démunis en cette période électorale», signale Mme Gauthier-Tremblay.
Pour diminuer la pauvreté, le regroupement demande à la prochaine administration municipale une tarification spéciale pour les personnes démunies en matière de transport en commun, une amélioration de la situation des logements, la mise en place de loisirs à prix modique pour cette clientèle et une augmentation de la sécurité dans certains secteurs défavorisés. «Notre revenu paie notre loyer et la nourriture, déplore la seconde déléguée et prestataire d’aide, Judy Miller. On ne se permet pas d’avoir des loisirs. Il existe déjà des programmes gratuits d’accès aux loisirs, mais ce n’est pas suffisant.»
Les participants à l’événement provenaient de différents secteurs. Chacun avait sa raison personnelle d’y être. «On est ici parce qu’on veut que ça bouge! Depuis le vote sur la politique sur la pauvreté au Québec, on dirait que rien n’est fait», lance Renée Fortin. D’ailleurs, ils ont été nombreux à apposer leurs noms sur les énormes affiches de revendications. Plus de 80 signatures ont été relevées à la grande joie des deux porte-parole, Judy Miller et Ariane Gauthier-Tremblay, qualifiant l’appui de fantastique. «Les pauvres votent. Les politiciens doivent savoir que les plus démunis ont aussi des revendications. Il faut les écouter», a indiqué Sofia Vaz, venue appuyer la cause.
Parmi les personnes rencontrées, deux touristes de la Gaspésie avaient décidé d’assister à la manifestation symbolique. «Quand on a vu l’événement, on s’est senti interpellé. C’est intéressant de voir qu’il sensibilise les gens du secteur», commente Françoise Lemieux. «J’étais intéressé d’écouter le discours puisque je travaille comme intervenant à Bonaventure, ajoute Régis Audet. L’idée de remettre les signatures symboliques aux élus comparativement aux paliers gouvernementaux me paraît originale. C’est une autre façon de faire.»