400e de Québec: c’est un dép… oups!
Finalement, le Coup d’envoi des Fêtes du 400e anniversaire de Québec a remporté un succès mitigé. Ses images ont parcouru le pays grâce à la télédiffusion du spectacle de Place d’Youville. En ville, ce fut un véritable festival de l’improvisation. Désolant!
À peine étions-nous à débarrasser le Vieux des résidus de la fête, ou du rassemblement, c’est selon, on nous annonçait le départ précipité de Pierre Boulanger et l’arrivée d’un spécialiste de l’événementiel, Daniel Gélinas, ci-devant directeur général du Festival d’été international de Québec. À la bonne heure! Gélinas a la stature, le leadership et la compétence pour relever M. Boulanger qui excelle dans les cercles diplomatiques, mais qui éprouve des problèmes de communications avec la plèbe et ses médias. Incidemment, nous n’avons jamais compris qu’on n'ait pas confié le mandat d’organiser les grands rassemblements à un consortium réunissant l’expertise du Festival d’été, du Carnaval et des Fêtes de la Nouvelle-France. Enfin.
Bonne nouvelle aussi, le 400e s’est doté d’un politique de transparence. À première vue, elle peut sembler timide à certains égards, mais l’usage nous révélera sa véritable stature. Passons à l’avenir des Fêtes. En fin de semaine, tous sont conviés à participer au Parcours 400 ans chrono dans le secteur du Vieux-Québec. Souhaitons que l’empreinte Gélinas soit déjà présente.
Pour l’heure, en termes de retombée et de visibilité à l’international, l’impact est restreint. Outre son aspect festif, les Fêtes du 400e anniversaire de Québec ont comme objectif de projeter l’image d’une capitale forte, chargée d’histoire et tournée vers l’avenir. Les Fêtes doivent confirmer Québec comme destination d’excellence pour le tourisme d’affaires et d’agrément. Pour y arriver, il faut de la visibilité; beaucoup de visibilité.
Certains événements permettront d’ouvrir la fenêtre internationale. Le Carnaval, édition 2008 est de ceux-là. Le Festival d’été, le Festival aérien ou les Fêtes de la Nouvelle-France également. Ces organisations ont été revampées pour l’occasion et sont susceptibles d’attirer l’attention des étrangers. Céline sur les Plaines pourra, pour un moment, projeter Québec dans le monde. Le Louvre à Québec, le Championnat mondial de hockey ou le Sommet des pays francophones seront aussi des ambassadeurs de Québec.
L’effort est louable. Mais pour marquer l'imaginaire des peuples étrangers, il faut plus. Il faut des personnalités, des vedettes dont la force d’attraction est telle qu’elle captive et monopolise l’attention des médias du monde entier, pendant plusieurs heures. Le souhait de la Société du 400e et du maire Régis Labeaume de recevoir chez nous un Bill Clinton ou un membre de la famille royale contribuerait sûrement à bonifier l’image de Québec. Mais, sans contredit, la visite du pape Benoît XVI est la plus susceptible de captiver le monde.
Depuis que les papes se sont mis à sortir de Rome et de l’Italie, ils sont devenus des phénomènes médiatiques. Dès qu’ils mettent les pieds en terre étrangère, tout de suite ils polarisent l’attention du monde entier. Songeons seulement que lors du passage de Jean-Paul II dans nos murs, c’est plus de 200 journalistes qui étaient à ses trousses. Déjà, le lancement d’une pétition à ce sujet a été traité dans plus d’une douzaine de pays. Croyants ou mécréants, catholiques ou non, des milliards d’auditeurs, de téléspectateurs ou de lecteurs se délectent des voyages de Sa Sainteté. Aucun Québécois n’a besoin d’avoir été élevé chez les Sœurs grises ou les Frères du Sacré-Cœur pour évaluer l’impact médiatique du personnage.
Depuis des mois la décision du Vatican se fait attendre à savoir si Benoît VXI participera au Congrès eucharistique international de juin. Le Cardinal Ouellet est toujours en attente d’une réponse officielle. Et le temps passe, et passe… On sait que Benoît XVI, dans une courte période de temps, séjournera aux États-Unis et en Australie, ce qui fait craindre à plusieurs que son agenda soit déjà comble.
L’ex-délégué du Québec à Rome, Lucianno Dorotea, et le réputé avocat Marc Bellemare sont à l’origine d’une pétition dont une première partie a déjà été remise au Vatican. À la mi-janvier, les promoteurs de celle-ci rencontreront le Nonce apostolique à Ottawa pour lui confier le deuxième volet de la pétition. Il reste encore quelques chances pour que le pape visite Québec. Toutes les démarches protocolaires ayant été complétées, seul l’appui populaire pourrait influencer la décision finale. Benoît XVI a déjà déclaré: «j’irai là où ils me permettront d’envoyer un message, là où ils répondront à un vrai désir…».
Ce «vrai désir» peut s’exprimer par la signature de cette pétition. Tous y trouveront leur compte. Les catholiques pourront voir et entendre leur chef religieux alors que les autres auront l’opportunité de saluer le charisme d’un homme engagé dans sa foi. Nul n’a besoin d’être bouddhiste pour reconnaître l’apport du dalaï-lama à la réflexion mondiale même si ses opinions ne font pas l’unanimité.
Dans cet esprit d’ouverture, Québec Hebdo prend l’initiative de reproduire dans ses pages la pétition du groupe Pape2008.com en souhaitant que nos lecteurs désireux de s’impliquer dans le mouvement lancé par les Dorotea et Bellemare puissent le faire facilement. Il ne s’agit pas d’une prise de position religieuse puisque cette pratique est fondamentalement personnelle. Il s’agit plutôt d’un geste citoyen, qui souhaite accueillir à sa table le monde et ses meneurs à l’occasion de la célébration d’une grande fête et d’en tirer tous les bénéfices possibles fussent-ils spirituel ou carrément temporel. La pétition est disponible en page 28. À vous de la signer et de la faire signer par votre entourage, puis de la retourner au Québec Hebdo suivant les indications.