OTTAWA - Deux ans après le dépôt du rapport d'enquête fédéral sur le cas de Maher Arar, ce Canadien torturé dans une prison syrienne, le gouvernement refuse ou est dans l'impossibilité de révéler quelles recommandations du juge Dennis O'Connor ont été implantées.
Le juge avait émis 23 recommandations en septembre 2006 visant à empêcher que des Canadiens comme M. Arar puissent être torturés dans des prisons étrangères.
M. O'Connor avait pressé notamment la GRC et le Service canadien du renseignement de sécurité à modifier leurs politiques sur le partage d'information, la formation et les méthodes d'enquête. Il avait aussi appelé à la création d'un nouveau mécanisme de surveillance de la GRC.
M. O'Connor soutenait que la GRC avait transmis des informations trompeuses, erronées et injustifiées aux autorités américaines ayant vraisemblablement mené à l'arrestation de M. Arar à New York en 2002 et à sa déportation en Syrie.
L'année dernière, le gouvernement s'est excusé auprès du Canadien d'origine syrienne et lui a remis 10,5 millions $ en compensation.
La Presse Canadienne a demandé à la GRC, au Service canadien du renseignement de sécurité, au ministère des Affaires étrangères et au ministère de la Sécurité publique quels progrès avait été accomplis à la lumière du rapport.
Le porte-parole du ministère de la Sécurité publique, David Charbonneau, a répondu aux noms de tous les intervenants, soutenant que "les ministères et les agences avaient pris des actions pour implanter les recommandations". M. Charbonneau a cité quelques exemples, mais n'a pas fourni un bilan clair de ce qui avait été fait depuis 2006.
M. Charbonneau a indiqué que la GRC avait créé une unité de prise en charge de documents sensibles à son quartier général. Il a noté que le Service canadien du renseignement de sécurité et le ministère des Affaires étrangères avait révisé un accord de coopération sur les dossiers consulaires impliquant des Canadiens détenus à l'étranger.
M. Charbonneau a aussi soutenu que la formation à la GRC avait été améliorée et qu'une collaboration avait été établie avec les agences gouvernementales pour mettre en oeuvre un cadre de travail commun dans les dossiers de sécurité nationale.
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