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Des candidats dans l'embarras font ombrage à Dion et Harper

Presse Canadienne Article mis en ligne le 24 septembre 2008 à 23:00
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Des candidats dans l'embarras font ombrage à Dion et Harper
La chef du PQ Pauline Marois et son homolugue du Bloc Gilles Duceppe jeudi à l'Université de Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Peter McCabe
MONTREAL - Si les campagnes électorales sont désormais axées sur les chefs des partis, ce sont des candidats qui ont occupé l'avant-scène, vendredi, au grand dam de leurs leaders qui se sont retrouvés sur la défensive.
Autant le chef libéral Stéphane Dion que celui du Parti conservateur, Stephen Harper, ont fait face à une controverse causée par des propos compromettants de candidats. Les deux hommes, qui ne cessent de répéter qu'ils proposent aux électeurs deux visions différentes, ont fait la démonstration qu'ils ont aussi deux façons différentes de faire face à la controverse.
Quelques heures après avoir indiqué qu'il attendait l'avis du Congrès juif canadien, M. Dion annonçait qu'il avait exigé la démission de Leslie Hugues, candidate dans la région de Winnipeg, pour des propos intolérants publiés sur Internet. Mme Hugues aurait souscrit à une théorie selon laquelle des citoyens américains juifs avaient été prévenus de l'attentat du 11 septembre 2001.
Depuis le début de cette campagne électorale, huit candidats ont dû démissionner pour des propos inappropriés, des vidéos compromettantes ou autres gaffes, récentes ou passées.
Pour l'instant, par contre, le plus récent candidat conservateur à se retrouver sous les feux de la rampe s'en tire.
Le chef conservateur n'a pas plié devant ceux qui exigent la tête du député sortant de Calgary Centre, Lee Richardson. Ce dernier a récemment lié le taux de criminalité à l'immigration.
Il a clarifié ses commentaires avant même qu'ils aient été publiés et c'est suffisant pour M. Harper qui refuse d'exiger la démission de son candidat.
"Sans aucun doute, Lee Richardson a été un bon membre du Parlement, avec une longue et fructueuse carrière", a insisté M. Harper.
Il a dû aussi défendre un autre de ses candidats qui aurait sûrement préféré demeurer dans l'ombre, l'ancien ministre Maxime Bernier.
Le quotidien torontois "The Globe and Mail" rapportait dans son édition de vendredi que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquêtait toujours sur Julie Couillard, ancienne conjointe de l'ex-ministre Bernier. Les agents s'intéresseraient particulièrement aux allégations selon lesquelles la femme aurait fait pression sur le gouvernement dans une affaire de contrat immobilier.
"La GRC n'enquête ni sur M. Bernier ni sur personne dans notre gouvernement", a indiqué le chef conservateur en point de presse, vendredi, à Calgary.
Plus tard, au cours de la conférence de presse, il a senti le besoin d'ajouter que "la GRC mène ses propres enquêtes, je ne veux pas les commenter".
Mais la situation inquiète le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui exige des réponses de la police fédérale.
En conférence de presse sur une ferme de Warwick, dans le Centre-du-Québec, le chef bloquiste a pressé la GRC d'indiquer si elle enquête toujours, ou non, sur Mme Couillard. Si le corps policier refuse de le faire, "on en conclura que la GRC veut favoriser le Parti conservateur".
M. Dion a aussi pressé la police fédérale "d'ouvrir ses livres et de dire toute la vérité" sur l'affaire.
Encore l'économie
La situation économique a aussi alimenté l'affrontement politique, en ce 20e jour de campagne. Stephen Harper y est allé d'une charge à fond de train contre Stéphane Dion, accusant ce dernier de souhaiter une récession au Canada.
A son avis, M. Dion essaie "de faire baisser la confiance en l'économie canadienne sans fondement - et bien honnêtement de se placer en retrait et pratiquement souhaiter qu'il y ait une récession".
M. Dion s'en est bien défendu, visiblement outré de cette déclaration. "C'est aller plus bas que jamais que d'accuser son adversaire politique de souhaiter le tort, le mal pour les gens. On souhaite tous que ca aille bien pour le Canada, on est tous en politique pour ça. (...) On ne devrait jamais remettre en cause les motivations des autres de cette façon, c'est ignoble de sa part", a-t-il indiqué.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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