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Le PQ demande de freiner le développement des cliniques privées

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 septembre 2008 à 23:00
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MONTREAL - Le Parti québécois demande au ministre de la Santé, Yves Bolduc, de ne plus permettre l'ouverture de nouvelles cliniques privées d'ici à ce que des balises claires soient établies et d'élaborer un plan pour améliorer l'accessibilité aux services dans le réseau public.
Le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, qualifie d'anarchique la prolifération soudaine de cliniques privées.
"Si on laisse les choses aller, on va se retrouver rapidement avec un réseau de santé privé parallèle au réseau public, qui va siphonner les ressources du public (...) et en bout de ligne, l'attente que nous vivons dans le secteur public ne va pas s'améliorer, elle va s'empirer", a déclaré le député péquiste, vendredi en conférence de presse.
Plus encore, il soupçonne les cliniques privées d'avoir réussi à dicter à l'Etat les prix requis pour les chirurgies qu'elles effectuent en sous-traitance afin d'assurer un profit.
Il appuie cette hypothèse sur le fait que les premières évaluations prévoyaient que la clinique privée Rockland MD de Montréal reçoive de 460 $ à 660 $ par chirurgie référée par l'hôpital Sacré-Coeur. Or, le contrat conclu entre l'hôpital et la clinique privée a plutôt fixé entre 1000 $ et 1500 $ le prix par chirurgie.
"L'hypothèse que je fais, c'est qu'ils ont été obligés d'augmenter le prix qu'ils doivent payer pour chaque chirurgie parce que la clinique ne faisait pas suffisamment de profits", a dit M. Drainville.
Il fait valoir que le ministre de l'époque, Philippe Couillard, n'avait jamais été capable de lui dire combien coûtait ces chirurgies dans les hôpitaux, mais il prend pour acquis que le prix original offert à la clinique devait être basé sur une évaluation de ce qu'il en coûte dans le secteur public.
M. Drainville en conclut qu'en plus de priver le réseau public de professionnels, les cliniques privées s'approprieront ainsi sous forme de profit de l'argent qui pourrait être réinvesti dans le réseau public.
Le Parti québécois demande donc au ministre Bolduc d'abroger le règlement adopté par le ministre Couillard avant son départ et qui permet le développement d'une cinquantaine de chirurgies dans le secteur privé, ainsi que celui réduisant le coût du permis d'exploitation d'une telle clinique.
Devant les projets de clinique privée de Garou, à Montréal, de la firme Sedna, en ophtalmologie près du nouveau CHUM, et d'une autre dans la région de Québec, M. Drainville demande également au docteur Bolduc de refuser d'émettre de nouveaux permis jusqu'à ce qu'il ait déterminé la direction qu'il entend prendre dans ce dossier.
Le député de Marie-Victorin estime que les décisions que prendra le ministre dans ce dossier seront le baromètre qui permettra d'évaluer sa véritable position face à la place du secteur privé dans le réseau de la santé.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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