«De la façon dont je le comprends, le coroner veut qu’on s’assure de la continuité dans notre surveillance», indique le maire Émile Loranger.
Une mort violente, accidentelle, mais évitable
Le coroner publie son rapport au sujet du jeune Lucas Beaupré
Un peu moins d’un an après la noyade du jeune Lucas Beaupré au lac St-Joseph, le coroner Pierre C. Samson conclut à une mort violente, de nature accidentelle, mais évitable. Le garçon prenait part à une activité du programme vacances été (PVE) de la Ville de L’Ancienne-Lorette.
Selon le Dr Samson, la victime souffrait d’un trouble envahissant du développement (TED). Dans le cadre des activités du PVE, un intervenant devait lui être assigné. Cinq personnes différentes auront accompagné Lucas Beaupré du moment de son inscription jusqu’au décès.
«La dernière accompagnatrice doit se présenter au travail le 25 juillet 2007 afin d’escorter l’enfant, sans toutefois être au courant de l’endroit et de l’activité aquatique sélectionnée pour cette journée. L’accompagnatrice se présente donc sans maillot de bain pour le départ vers la plage.»
Les jeunes arrivent à la plage du lac St-Joseph vers 10 h 30, le 25 juillet. Ceux-ci peuvent se diriger en direction de l’eau à 11 h. La monitrice de Lucas Beaupré «suit ce dernier de près alors qu’il se précipite vers l’eau, sans toutefois le suivre étroitement, n’ayant pas son maillot de bain».
Cette même monitrice suit le garçon des yeux à partir de la plage. Elle suivra la mauvaise personne pendant un certain temps. À l’appel du midi, le jeune Beaupré brille par son absence, tout comme deux autres enfants, ensuite retrouvés près des balançoires.
La motrice alerte une collègue vers 12 h 20. La sécurité de la plage prendra connaissance de la situation à 12 h 30.
Aux alentours de 13 h, un sauveteur plonge dans l’eau autour d’un trampoline. Il retrouve le garçon, lequel gît sous l’appareil. «Il faut spécifier que cette trampoline (sic) n’est pas permanente et qu’il y a toujours un sauveteur sur cet appareil lors de son utilisation.»
Après des manœuvres de réanimation de différents secouristes, les ambulanciers conduisent l’enfant au Centre hospitalier de l’Université Laval.
Un médecin confirme son décès à 15 h 51.
À quel moment?
Le Dr Samson peut difficilement établir avec exactitude le moment de la disparition. L’absence d’un contact visuel du jeune dans le jeu aquatique et l’achalandage sur la plage ont compliqué sa surveillance. Chose certaine, Lucas Beaupré «n’a pas bénéficié de l’attention très particulière que son comportement nécessitait au cours de cette activité», tranche le coroner.
«Les difficultés rencontrées par l’administration de ce programme à assigner constamment une monitrice pour la victime doivent être prises en sérieuse considération pour enchaîner la conclusion du caractère évitable de ce décès.»
«Il est étonnant de noter qu’on est averti pertinemment que Lucas Beaupré ne sait pas nager et qu’il doit porter une veste de flottaison idéalement pour toute activité aquatique, ce qui n’est manifestement pas évoqué lors de cette journée.»
Loranger réagit
Le coroner recommande à la Ville de L’Ancienne-Lorette «d’assurer une continuité constante dans l’assignation de personnel moniteur pour encadrer les activités sportives en groupe favorisant une clientèle à comportement inhabituel». Il suggère aussi de bien choisir les «activités sportives publiques où la sécurité aquatique ou autre peut être appliquée sans aucune faille».
Appelé à commenter les recommandations du rapport, le maire de L’Ancienne-Lorette y relit les faits qu’il avait lui-même dévoilés en conférence de presse, le lendemain du triste événement.
«C’est assez simple, de la façon dont je le comprends, le coroner veut qu’on s’assure de la continuité dans notre surveillance, indique Émile Loranger. Maintenant, est-ce qu’on en connaît des activités sans faille? Nous sommes toujours moins niaiseux après.»