Nadine Busque a réalisé un rêve en jumelant ses passions pour l'art et l'histoire. (Photo Frédérick Masson)
L'océan comme lieu d'exposition
Pourquoi se contenter d'une galerie d'art alors qu'on peut s'offrir l'océan Atlantique comme lieu d'exposition? C'est la question que s'est posée la sculpteure et verrière Nadine Busque, invitée à créer une œuvre spéciale dans le cadre de l'événement Voiles 2008 Québec/La Rochelle.
Forte d'une formation en métiers d'art au Cégep du Vieux-Montréal et d'une autre en arts visuels à l'Université du Québec à Montréal, la jeune femme du quartier Saint-Sauveur n'est pas peu fière de sa création : un projet inspiré d'un texte du poète français Raymond Bozier, créé en trois dimensions, puis numérisé afin d'être reproduit sur une voile de bateau. Le résultat final, de trois mètres par six mètres, a ainsi permis à l'embarcation Lycée maritime de La Rochelle d'effectuer La Grande Traversée, commémorant ainsi l'aventure des explorateurs du Nouveau Monde.
Lancée du port de La Rochelle (France) le 8 mai dernier, la flottille composée d'une quarantaine de bateaux est arrivée à Québec à la fin juin, au terme d'un voyage de quelque 3 500 milles échelonné sur 43 jours. Le public de la capitale peut donc, pendant encore quelques heures, constater le talent de l'artiste puisque la voile, bien accrochée au Sochris du skipper Christophe Souchaud, quittera le Port de Québec afin de reprendre la mer dans le cadre du Retour aux Sources, traversée Québec/La Rochelle qui permettra aux passionnés de vagues et de grands vents de mettre leur embarcation dans le sillon de Champlain.
Seule représentante de Québec parmi les 16 artistes à prendre part au projet Voiles 2008 Québec/La Rochelle, c'est avec une immense fierté que Nadine Busque, 28 ans, a répondu positivement à l'invitation des organisateurs. Jumelée à un poète français, elle a travaillé pendant près d'un an et demi sur sa création, qui montre un marin, bien assis sur le bord de son bateau, sous un ciel aux allures de carte géographique.
«Je suis très touchée par tout ce qui concerne l'histoire, de mentionner la principale intéressée, qui a eu la chance de se rendre à Brouage, lieu de naissance de Samuel de Champlain. Quand on m'a fait part du projet, j'ai immédiatement sauté à pieds joints dans l'aventure. C'était pour moi l'occasion de participer à quelque chose d'unique et d'original.»
Dix-huit mois plus tard, une partie d'elle-même prenait la mer en direction de Québec. Mais c'était sans compter les imprévus, qui l'ont fait passer par toute la gamme des émotions.
«Le bateau qui devait initialement transporter ma voile a connu des problèmes et a dû retourner au port de La Rochelle, explique-t-elle. On m'avait alors avertie que ma voile ne ferait pas le voyage, ce qui me décevait beaucoup. Mais quelle ne fut pas ma surprise de l'apercevoir plus d'un mois plus tard, flottant au vent dans le port de Québec, et d'apprendre par le fait même qu'elle avait effectué le périple bien en vue sur un autre bateau. J'étais vraiment heureuse.»
Une fois de retour sur le vieux continent, l'œuvre de Nadine Busque, comme les sept autres réalisées au cours du projet, fera l'objet de diverses expositions. Quant à la principale intéressée, elle pourra se targuer d'avoir permis à un équipage français de participer aux célébrations du 400e de Québec en lui offrant non pas une série de billets d'avion, mais plutôt une voile unique et empreinte d'originalité dans laquelle Dame Nature aura pris plaisir à s'époumoner.